samedi 13 octobre 2012

Rosaire

Je veux un enfant. Des tréfonds de mon être -de profundis- je sens que je veux un enfant. Je rêve, tout haut parfois, qu'il soit le père. Le papa. Je désire ce bonheur, ce but si désintéressé, les rendre heureux, les voir s'épanouir dans leur vie. Et avec ça, aimer d'un vrai amour, constant dans sa flamme (à trop lire Montaigne on n'en fait des latinismes flagrants), le même homme, l'âme soeur. Lui, j'aimerais, oh oui j'aimerais, je veux que ce soit lui, je m'en veux de l'emploi de ce subjonctif qu'en bonne élève de troisième année de Lettres Modernes j'aurais relevé et analysé comme un moyen pour l'auteur d'éloigner l'événement dans l'irréel (Note du professeur : "Il faut être Proust pour maîtriser l'art délicat de la phrase longue ; abstenez-vous"). Et si je me tourne en ridicule c'est parce qu'en 2012, quand on a 21 ans, on a généralement envie de vacances avec les potes, de parcours à l'étranger, de culture, mais pas d'enfant. Généralement, les prologues s'achèvent quand l'auteur à dévoilé son tour rhétorique.

dimanche 26 août 2012

Credo.

Je crois en Dieu,
Le père tout puissant,
Créateur du ciel et de la terre,
Et en Jésus-Christ son fils,
Notre Seigneur,
Qui a été conçu du Saint-Esprit,
Est né de la Vierge Marie,
A souffert sous Ponce Pilate,
A été crucifié,
Est mort,
A été enseveli,
Est descendu aux Enfers,
Est ressuscité des morts,
Est monté aux Cieux,
Est assis à la droite de Dieu le Père tout puissant
D'où il viendra juger les vivants et les morts.
Je crois au Saint-Esprit,
A la sainte église catholique,
A la communion des Saints,
A la rémission des péchés,
A la résurrection de la chair,
A la vie éternelle.
AMEN.

lundi 20 août 2012

Tell me more, tell me more.

Je trempe la serpillière dans le seau, et je deviens Izanami qui remue la magma du monde du bout de sa lance. Le sol PVC de mon appartement devient la toile d'une étrange tableau imaginaire, pleins de tourbillons, de vagues, des routes nouvelles que je trace.

Je ne sais pas si mes rêves me déchirent ou me font peur. Personne ne dit jamais aux enfants : "Fais gaffe, grandir c'est l'angoisse. Si tu veux un minimum gérer ta vie seul gamin, tu verras, la vie des grands, c'est fatigant". Izanami a troqué sa majestueuse robe blanche contre un strict tailleur noir (mais Chanel non d'un chien, seul vestige du songe mythique brisé par une réalité souvent sordide, toujours banale, un bain de javel), la lance est au placard et sert de balais brosse à l'occasion. Le rêve déserte la vie, il y laisse seulement un parfum passé d'idéal, d'impossible, d'irréalisme. 

J'aimerais parfois passer ma peau à la râpe, pour débarrasser mon corps et mon âme -mouvement et douleur- de ce qui les étouffe. Nicotine, alcool, THC, graisses et sucres : un cocktail nommé la chandelle, pour les jeunes gens qui brûlent la vie par les deux bouts. Badam Tssssss !

Mon corps fourmille, ma tête bourdonne. L'écriture est laborieuse.

lundi 18 juin 2012

Coca et cigarette au réveil sont tout à fait ce qui convient quand on s'est couché à 4h du matin. La vraie vie, celle qui abîme, the sharpest live, atteint le cerveau par les pores, le sang, les muqueuses. L'inertie et l'énergie.

dimanche 6 mai 2012

GG

C'est écœurant de voir l'égoïsme des gens ; tous le reconnaissent, mais personne ne se risque à appeler un chat, un chat : la douceur de l'euphémisme fait glisser la pilule. L'égoïsme se travestit donc en individualisme : parce que l'on a le droit de penser à ce qui est bon pour soi, parce que l'initiative et le choix sont individuels, parce que les convictions le sont également. Foutaises bien enrobées, à la mode de ces œufs mayonnaises qui prennent un nom faramineux dans les restaurants de la haute société. La démocratie, c'était se poser la question du bien commun, c'est mettre en avant le collectif avant l'individuel, et faire des sacrifices, des compromis, pour arriver à cet idéal. Un candidat de gauche est élu, et la bêtise se déchaîne : entre les arguments trompe-l'oeils et les commentaires racistes à peine déguisés, c'est la foire mes chers amis, et les perdants sont mauvais joueurs. Quand je lis, de la part d'un jeune homme de mon âge, que des "drapeaux de bougnouls" flottent rue de Solférino, ça me dégoûte. De l'autre côté du Mur, le président sortant se posant en petit père du peuple -quelle hypocrisie-, ça ne pose pas de problème ; par contre, les droit de vote aux étrangers au niveau local, le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels, la régularisation des sans-papiers au cas par cas, LA, selon eux, se trouve ce qu'ils nomment l'ignominie, la catastrophe, le désastre, c'est CA qui les fait se poser en prophètes d'une France destinée à mourir sous les coups du Socialisme et à se perdre sous les dettes dans les déserts arides de la finance mondiale. Pourtant nous sommes des millions à l'avoir choisi, ce candidat ; alors, avant de vous noyer dans vos propres chimères et de succomber à vos propres peurs -irrationnelles-, accordez lui au moins le bénéfice du doute. 

That's how the game works, just be fairplay.

mardi 1 mai 2012

Blutbad

As-tu pu croire -ou plutôt imaginer- ne serait-ce qu'une seule ridicule seconde que parce que tu te retrouvais soudainement seul à nouveau tu pouvais me rappeler et que j'allais accepter de te voir et potentiellement me remettre avec toi ? Si je me trompe, my bad, my mistake, "mea culpa, mea maxima culpa" (cette phrase est également disponible dans plusieurs autres idiomes grâce à l'invention merveilleuse qu'est Google Traductions, halleluja, God save the Queen et vive le Roi). Mais ça te ressemble tellement.

Veux-tu que je te crache à la figure tout ce que tu m'as dit ? Veux-tu que je récupère les poignards dans le grenier de ma mémoire pour les planter dans ta porte ?

"Si l'un de nous deux romps ce sera forcément moi en premier"
J'espère que tu n'avais pas payé la voyante trop cher vu la médiocrité de la prédiction.




vendredi 20 avril 2012

Quand Avril rime déjà avec été

Les vacances, enfin. Le soulagement après trois semaines de boule au ventre, la joie ne se dire qu'on je n'aurai plus mal à la main après huit heures de partiel. Les projets, les projets, que de projets !

Le déménagement, cette nouvelle aventure
Le coiffeur avec Janis et le retour de la frange (!)
Amsterdam en juin
Cette semaine avec Lucile
Les mardi avec Amandine, de nouveau
La lecture à foison, le cinéma aussi
Les retours chez papa et maman
Les soirées entre amis qui peuvent durer jusqu'à 3h du matin sans me faire culpabiliser

Tout ça et plus encore, tout ça, j'ai hâte.

vendredi 13 avril 2012

La sauge des devins ou la métaphysique de l'orchidée

Dans deux mois je laisse derrière moi cette appartement où j'ai accumulé trop de souvenirs ; si ce n'étaient que des bons. J'ai brûlé les lettres, j'ai effacé les photos, les messages, les mails, j'ai rendu ce que je devais rendre, j'ai rendu à César ce qui était à César, sans mélancolie, sans même un tressautement : au moment où l'objet disparaît -non pas oublié, mais véritablement détruit ou dégagé-, les fils se brisent, les artères se détendent, les neurones aussi. La glande surrénale boude, elle aurait espéré un peu plus d'excitation, de palpitation, de nervosité envers ses gestes irréparables. Le seul lien qui me rattache encore à tout ça -TOUT CA, parce que oui, c'était quand même quelque chose-, c'est cet appartement, ces murs. Le faux parquet se gondole du flot de ma noirceur, il se nécrose, les plinthes se détachent : il est temps de partir.

Mon orchidée était en train de mourir. Ce n'était plus qu'un amas de tiges vertes et un peu desséchées, de racines et de terre. Et un jour, je l'ai changée de place : elle se retrouva quelques dizaines de centimètres plus loin, près de mon velux, et le lendemain j'ai eu la surprise de voir qu'un bourgeon s'était formé. Alors, comme l'orchidée, je me déplace, je laisse tout derrière moi, à des inconnus qui ne sauront pas lire les vapeurs qui flottent dans l'air, car elles ne voudront rien dire pour eux.

C'est à quatre que le nouveau départ se fait ; tout est si neuf, si brillant, comme une belle pomme rouge -une Royal Gala- qu'un gentleman anglais aurait frotté sur le revers de sa veste en velours noir. Une enfant, je suis une enfant : je voudrais déjà prendre possession de ce nouvel appartement, y placer tous nos meubles, aller faire les premières grosses courses ensemble, installer la décoration, bâtir quelque chose de nouveau. Je prépare déjà notre premier repas de crémaillère, à tous les quatre ; je sais qu'on achètera du vin, je sais qu'on fumera, qu'on regardera la télé d'un œil en discutant de tout à fait autre chose. En somme, on vivra le présent, et c'est déjà bien assez dur. Pour le reste, il y a la sauge des devins.

lundi 2 avril 2012

Now and then I think of all the times you screwed me over
But had me believing it was always something that I'd done
But I don't wanna live that way
Reading into every word you say
You said that you could let it go
And I wouldn't catch you hung up on somebody that you used to know