dimanche 29 janvier 2012

Vocation

Je suis professeur du fond de mon âme. Si j'échoue, je me retrouverais aussi désœuvrée qu'un pingouin largué en plein milieu du Sahara. J'aime Monsieur M. de tout mon cœur, parce que dans sa conception du professorat je me retrouve : un professeur de français qui soit touche-à-tout, qui parle d'histoire de l'art, d'histoire tout court, de musique, de psychologie, d'analyse critique de l'image, qui parle aussi de littérature contemporaine.

Mes expériences de cours semblent confirmer tout ce qu'il dit, et je suis, au plus profond de moi, exubérante de joie parce que j'ai appliqué ce qu'il dit sans l'avoir su. J'éclaire Le Rouge et le Noir en expliquant à une jeune fille le statut social de la femme : elle ne comprenait pas pourquoi Madame de Rênal n'avait pas tout simplement divorcer pour vivre avec Julien Sorel. J'arrive à provoquer une étincelle de lucidité chez un autre élève, en lui disant que lorsqu'il écrit une dissertation ou un commentaire de texte, il faut faire comme si celui qui allait le lire était profondément bête. Vous n'imaginez pas comme je suis contente lorsque je vois qu'ils ont compris, vraiment. C'est ça le sens de ma vie.

Alors je décide, puisque Monsieur M. m'a dit que c'était tout à fait possible, d'être tout, professeur des écoles, en collège, en lycée, à l'université. Tout fait pour ne rien manquer, pour explorer à fond ce métier -je crois qu'on peut dire ma vocation.

J'aimerais un T-Shirt : "I'll be a French teacher, fuck you all !"

dimanche 8 janvier 2012

Papa, qu'est-ce que je fais si tu n'es plus là ?
Je m'écroule comme un tas de sable dans le vent.

Asclépios

Papa est malade, encore.
Maman ne me dit pas, au téléphone, si c'est grave.

C'est encore l'éternel recommencement des allers-retours chez le médecin, les analyses sanguines qui arrivent par courrier, incompréhensibles des humains lambda comme nous, accrochées sur le frigo en attendant le prochain RDV chez le médecin, cet oracle moderne qui saura nous les expliquer.

En attendant, la peur, les questions, l'angoisse et les larmes.

mardi 29 novembre 2011

Me gustas tu, Manu Chao

Te lo dije bien clarito
Doce de la noche en la Habana, Cuba
Once de la noche en San Salvador, El Salvador
Once de la noche en Managua, Nicaragua


Me gusta los aviones, me gustas tu.
Me gusta viajar, me gustas tu.
Me gusta la mañana, me gustas tu.
Me gusta el viento, me gustas tu.
Me gusta soñar, me gustas tu.
Me gusta la mar, me gustas tu.

Que voy a hacer
Je ne sais pas
Que voy a hacer
Je ne sais plus
Que voy a hacer
Je suis perdu
Que horas son, mi corazón ?

Me gusta la moto, me gustas tu.
Me gusta correr, me gustas tu.
Me gusta la lluvia, me gustas tu.
Me gusta volver, me gustas tu.
Me gusta marijuana, me gustas tu.
Me gusta colombiana, me gustas tu.
Me gusta la montaña, me gustas tu.
Me gusta la noche, me gustas tu.

[Refrain]

Me gusta la cena, me gustas tu.
Me gusta la vecina, me gustas tu.
Me gusta su cocina, me gustas tu.
Me gusta camelar, me gustas tu.
Me gusta la guitarra, me gustas tu.
Me gusta el regaee, me gustas tu.

[Refrain]

Me gusta la canela, me gustas tu.
Me gusta el fuego, me gustas tu.
Me gusta menear, me gustas tu.
Me gusta la Coruña, me gustas tu.
Me gusta Malasaña, me gustas tu.
Me gusta la castaña, me gustas tu.
Me gusta Guatemala, me gustas tu.

Que voy a hacer
Je ne sais pas
Que voy a hacer
Je ne sais plus
Que voy a hacer
Je suis perdu

Que horas son mi corazón ?

Alabin, Alaban, Alabin bon ban
Oplabim, oplabam, oplabim bom bam
Alabin, Alaban, Alabin bon ban

jeudi 17 novembre 2011

mercredi 16 novembre 2011

Je me sens seule.
La nourriture est sans goût.
J'ai froid, tout le temps.
J'ai des larmes contradictoires aux bords des yeux.

mercredi 26 octobre 2011

De profundis clamavi

Il est 17h40, presque 41, direction Truchtersheim par une petite départementale.
Le cimetière de Quatzenheim.
Noyé sous l'or liquide du soleil automnal.
Une de ces visions du monde, dans sa plus complète perfection, dans sa plus complète magnificence.
La rage de ne pouvoir la peindre.

Je voudrais pouvoir faire éclore, entre mes mains, comme une fleur sauvage, de celles qui ont les plus âpres parfums, cette image qui se trouve fixée derrière mes paupières.

C'est à la sortie de ce joli village, Quatzenheim. Banal petit bourg alsacien. Théâtre des quelques secondes  où pour moi, le monde s'est arrêté, le temps que mon cerveau s'abreuve de merveilleux. Un cimetière en pente douce, avec un petit muret de vieilles pierres pleines de lichen ; l'herbe y est encore verte, les arbres n'ont pas encore perdu leurs feuilles : l'automne les a surpris, ils n'ont pas encore eu le temps de changer de costume. Les tombes sont anciennes, et de grandes croix pierreuses sortent de terre, tournées vers le Levant, attendant l'Aube, toujours debout, comme ceux qui portent la foi, ne cédant pas sous le vent, la pluie ou la neige, immobile comme des géantes mystérieuses, muettes. Un cimetière. L'attente d'un monde meilleur. Le soleil est chaud, et il déverse sur ces guetteuses une pluie d'or, embrasant les tombes comme pour rappeler à leurs morts la rédemption qu'on leur avait promise : elle ne tarderait plus. 

Et c'est là où dorment les morts que je me suis sentie le plus proche de mes rêves.

vendredi 21 octobre 2011

Je ne fais plus partie de vos vies, et vous ne faites plus partie de la mienne.

jeudi 20 octobre 2011

Gimme a shot to remember and you will take all the pain away from me, a kiss and I will surrender...

A travers le brouillard des larmes, dans ma tête, et la poix qui m'englue les yeux, le soleil, ces mots-là, ses mots à lui :

"Tu crois que je ne veux pas voir ma p'tite patate heureuse ? Tu crois que j'veux pas voir ma p'tite patate avec le sourire ? Et ma p'tite patate en robe de mariée ? Avec des enfants ? Ma p'tite patate pour toujours ?"

Je peux sentir la fêlure dans mon coeur qui se ressoude. Je pense à tous ces mots, ces aiguilles, qui avaient lentement attaqué ma peau jusqu'à mes os, et si mon regard est toujours amer, mon esprit est plus serein. Je pense à mon corps détruit par un syndrome de Raynaud de l'amour, comme si la vie s'était résorbée jusqu'à n'être plus contenue qu'intensément, douloureusement, dans mon coeur. Savez-vous ce que cela fait, de ne savoir qu'on aime que parce que l'on souffre pour quelqu'un ? Moi oui. 

Mes amours étaient souffrance. Mon amour est profond et apaisé. Si je pouvais, je le scellerai par deux entailles dans nos mains et nos sangs mélangés. Pour qu'il me marque à tout jamais, physiquement. 

samedi 1 octobre 2011

Je vais faire du rock, je vais faire du rock, je vais faire du rock, JE VAIS FAIRE DU ROCKKKKEUH !

PS : Je sais jouer le couplet de Seven Nations Army à la guitare hahahaaaaaaa.