lundi 11 avril 2011

LIGNES DE FAILLES

"Une myriade d'extases. Sidère-moi, je dis au monde. Excite-moi, éblouis-moi, étourdis-moi, que ça ne s'arrête jamais."

dimanche 10 avril 2011

Idunn.

Mais Dieu, dont les voies comme les réponses sont impénétrables, ne répond pas. Mais, autour d’elle, tout devient blanc, de cette blancheur de neige, immaculée et froide, mais pas comme celle qui avait aveuglé ses yeux, sur le balcon, tout à l’heure ; cette blancheur-là est comme une concentration de lumière. 
«Pourquoi abandonner ? Tu es si jeune. L’espoir arrive, il n’est pas loin»
La voix semble venir de la lumière elle-même. Sigrid l’observe intensément, à se brûler les rétines ; une silhouette se détache peu à peu, comme issue des limbes : c’est un homme, jeune et blond, les cheveux mi-longs et lisses, il a une branche de gui à son côté. Ses yeux sont gris et froids. Sigrid sent un frisson lui parcourir la peau lorsqu’elle se rend compte qu’il est aveugle. Son visage est bienveillant, il lui sourit.
«Pourquoi veux-tu abandonner ? Le combat n’est pas fini, lui dit-il
-Quel combat ?
-Le Grand combat, il n’est pas arrivé. Et tu dois être là.
-De quoi parlez-vous ? Je ne comprends pas ! Je veux retourner chez moi ! crie-t-elle, tournant sur elle-même pour chercher une porte, une faille, une sortie, mais elle n’en trouve pas.
-Père et Mère savent bien que nous t’imposons une lourde charge. Mais tu es importante, Sigrid, et nous aurons grand besoin de toi.
-Père et Mère ? C’est toi et ta famille qui êtes à l’origine de tout ça ? De toutes ses douleurs ? Réponds ! hurle-t-elle en s’avançant d’un pas menaçant vers lui. Je t’ai posé une question. REPONDS !
-Ce n’est pas nous qui sommes responsables. C’est ta nature, lui répondit-il d’une voix tranquille.
-Ma nature ?
-N’abandonne pas Sigrid. Nous t’attendons pour bientôt.»
La jeune fille se redresse brutalement dans son lit ; s’est-elle vraiment endormie ? Cette conversation avait semblé si réelle. Quel était cette homme ? Même dans le cas où il ne serait qu’une manifestation de son subconscient perturbé, la question valait le coup. Pourquoi portait-il une branche de gui ? Elle se promit d’emprunter un livre sur l’interprétation des rêves à la bibliothèque. Evidemment, cela n’avait pu être qu’un rêve. Sigrid, déçue et secouée, parcoure d’un regard sa chambre, dont les murs blancs sont encore nus, elle n’a pas encore pris le temps de se demander comment elle pourrait les décorer. Quelque chose attire son attention sur sa table de nuit : un anneau d’or, très fin, se trouve posé-là. Intriguée, elle n’ose pas y toucher. Une inscription se trouve dessus ; il est écrit : «L’espoir est vain sans combat». La jeune fille se dit qu’elle aurait plutôt écrit : «Le combat est vain sans espoir». Cette phrase-là n’a pas de sens ! Sans toujours oser y toucher, Sigrid décide qu’elle a besoin de prendre l’air. Elle s’habille rapidement et part en claquant la porte. 


Le début se trouve quelques articles plus bas.

samedi 9 avril 2011

Let me be your starlight

Sunshine

J'ai dit que j'écrirai sur toi. Je savais ce que j'avais envie de dire. Mais maintenant, je ne sais plus. Très vite, tu t'es fait une place dans ma vie, comme cette eau qui s'infiltre dans la roche, avec facilité, avec douceur. Et aujourd'hui, tu es là, près de moi, chaque jour je ne te quitte que pour te retrouver chaque soir. Et avec toi, je vis mes vingt ans : manger des pizzas en regardant Criminal Minds, fumer un peu, dormir beaucoup, faire l'amour encore plus, et faire des projets. Cette vie sera partie en fumée avant que je le réalise, alors je veux la vivre. "Life should be lived for the seizing of the moment". Je te dis mes blessures, et tu me fais comprendre que je dois les laisser derrière moi. "Je te ferai aller mieux" me dis-tu doucement, "Attends que j'ai mon petit sachet" ajoutes-tu avec ton petit air moqueur. Et je ris parce que je crois que c'est vrai. "Nos cicatrices nous rappellent d'où nous venons, elle ne doivent pas nous dire où aller". Je comprends. Tu rends mes journées drôles, tu dédramatises mes douleurs, tu les remets à leur place, celle qu'elles n'auraient jamais du quitter, celle du souvenir que l'on range soigneusement sans lui permettre de surgir à chaque instant, tu me rends plus légère. Deux mois seulement et pourtant. Je ne pensais pas cette vie possible. Mes noirceurs ne te font pas peur. Et je t'aime.

mardi 5 avril 2011


Nota bene : ne plus couper trop de cheveux d'un coup.
Nota bene II : aller chez le coiffeur pour que mes cheveux retrouve une couleur normale.

mercredi 30 mars 2011

Je n'aime pas être mise devant le fait accompli.

dimanche 27 mars 2011

J'aimerais pouvoir saisir le bonheur dans son entièreté, ne pas le déchirer en le tenant trop fort. Il soigne mes blessures. 

jeudi 24 mars 2011

Idunn.


Elle regarde la feuille blanche et sourit. Entremêlée dans les draps, elle regarde le bout de ciel qui perce dans le coin de la fenêtre : gris neige, des petits flocons. Un temps triste pour un jour triste. Lentement, elle enlève ses chaussons, elle ouvre la porte du balcon et sort pieds nus dans la neige. Le froid puis la douleur. Tout est blanc au dehors, et malgré les nuages bas qui voilent le soleil, toute cette blancheur brûle ses pupilles. Tout s’efface, l’esprit est vide. Dans ses pieds Sigrid sent l’irradiation du froid : la douleur purifie car elle marque la chair. La douleur purifie car elle ranime en nous le sentiment d’être en vie : au fond de nous se bat la sève vitale qui hurle pour chacun de nos pores. Il faut la douleur pour aimer la vie. Et Sigrid, comme Homère, levant ses yeux aveuglés vers le ciel couleur d’ouragan, inspire profondément : elle perçoit dans sa poitrine le souffle qui se débat. Lorsqu’elle rouvre les yeux, elle voit. La route et les trottoirs sont blancs du sel que l'on a jeté dessus dans la crainte de la plus petite flaque de verglas : elle imagine que le paysage autour des Tours Jumelles devait être pareil après leur effondrement, blanc comme de la poussière d'os fracassés que les bâtiments ont exhalés dans leur dernier souffle de vie. Poudre blanche et sale, minérale et humaine. «Ashes to ashes, dust to dust», la vie des hommes se construit sur celles de leurs morts, strates par strates, à l’image des cadavres que l’on peut aplatir dans une tombe, lorsqu’ils sont assez décomposés, pour en mettre un autre par-dessus. Et c’est le dégoût du monde qui revient, par delà le beau vernis de l’hiver.
Le retour d'un sentiment qu’elle n'avait plus éprouvé aussi fortement depuis longtemps. Pas un sentiment, mais plutôt un état, un état d'épuisement mental plus que physique, une lassitude, une envie de pleurer. De pleurer pour quoi, pourquoi ? Sigrid serait bien incapable de le dire. Débiter un chapelet de causes toutes aussi risibles les unes que les autres, les jeter par dessus son épaule, se retourner enfin et voir un tas de vieilles idées, de vielles rancoeurs, de vieilles déceptions. L'envie pitoyable de s'enfermer dans la voûte de son lit, et laisser venir les larmes, les larmes sans cause comme le ruisseau sans source, jaillit de la pure pensée empoisonnée d'un air ambiant vicié. S'abandonner et laisser derrière soi son courage, pour quelques minutes ou quelques heures, le corps enfoui dans les draps et comme mort, mort de fatigue, mort d'ennui, mort de tristesse insondable. Il suffirait qu’elle se couche et qu'enfin elle lâche prise. Mais pour ça il faudrait se tailler les veines. Ce sommeil ne peut qu’être éternel.



lundi 21 mars 2011




Je suis comme je suis, et j'aime comme j'aime,
Même si j'en paie le prix, je suis comme je suis
Je suis mes envies, comme me suivent ceux qui m'aiment
Je rêve comme je rêve, plutôt mal que bien,
Parfois même à rien, je suis comme je suis
En tout cas je n'ai

La prétention de rien

mardi 8 mars 2011

Quand tu dors à côté de moi je n'ai plus peur.
Car tu as cette espérance en Nous que personne n'a eu.