jeudi 14 octobre 2010

Le canapé et la manzana.

Et si je décide d'être heureuse, définitivement cette fois ? "Laisser faire, laisser passer" mais version sentimentale. Abandonner toutes ces angoisses et ces peurs et apprécier. Juste apprécier. La chaleur de ses bras, les bisous dans le cou, son odeur, ses yeux de printemps. Attendre, ou plutôt non, pas attendre, le terme est mal choisi, il contient trop de suspend et de non-dit, plutôt se laisser aller sur la vague du temps qui passe, à son rythme, et qui décide de toute chose. Puisque rien ne peut nous dire de quoi demain sera fait, autant ne pas l'inventer trop en avance, cela fait toujours beaucoup trop de mal et de souffrance.

Et si je décidais d'être heureuse ?

dimanche 10 octobre 2010

The killer inside me

Je relis ces mots, ses mots, sur cette carte qui vient d'Annecy, et c'est le vide qui encore une fois s'empare de moi. Je ne lui manque pas. Pardonne-moi ces phrases que tu vas détester, mais il faut bien que ça sorte quelque part. Je ne peux pas toujours m'imploser parce que cela va te froisser. Hier soir au cinéma, les limites se sont comme écroulées, et j'aurais aimé l'embrasser, pour tout foutre en l'air ou pour qu'il se rende compte, que quelque chose se réveille à nouveau. Mais je ne suis pas comme ça, je ne suis pas ce genre de fille qui sait se faire désirer, envier, aimer ; comme l'a dit Guillaume, je ne suis pas une fille qu'on est fier d'avoir à son bras, et c'est la triste vérité. Et hier soir, seule dans mon lit, dans cette conversation fictive avec toi, je dis tout ce que j'ai sur le coeur et ça ne me soulage pas parce que l'instant d'après je pense le contraire de ce que je viens de dire. Je me sens perdue, attirée par un autre, peut-être seulement par dépit, ça m'est déjà arrivé tellement souvent, lâche de ne pas savoir. Il ne reste qu'à attendre.

vendredi 8 octobre 2010

La p'tite Lady, Vivien Savage - Ce que j'aimerais qu'un homme pense de moi.

Qu'est-ce qu'elle attend la p'tite lady gare Saint Lazare
qu'est-ce qu'elle me veut la miss avec ses yeux d'renard
derrière la voilette du chapeau avec une plume d'autruche
pour faire plus beau
he gratte-moi la puce que j'ai dans l'dos

Mais qu'est-ce que j'vois, qu'est-ce que j'peux faire qu'est-ce qu'elle est belle, la p'tite lady déguisée comme un arc-en-ciel
avec ses boots en peau d'serpent, ses collants rose fluorescents
sa mini-jupe en skaï et comme ça swingue sous son chandail

J'vais m'dévisser à force de la r'garder
il faut qu'j'lui dise que j'veux faire des bêtises
j'peux pas rester minable plus longtemps sans la brancher
car elle a comme un p'tit chat sauvage dans les yeux
qui ressemble au tatouage que j'ai dans l'coeur
Y a pas d'erreur

Qu'est-ce que c'est fou, qu'est-ce que c'est chaud c'que tu dégages
Si j'te l'dis pas tout de suite j'aurais pas tes images
mais j'vais pas laisser passer l'train
pour ce genre de voyage j'ai peur de rien
Hé Hé Hé qu'est-ce que tu bouges bien.

On dirait qu'le monde est à toi quand tu t'promènes
Sur ce quai d'gare, Cendrillon, tu marches comme une reine
Dans les yeux ces types qui traînent avec leurs blouses de fin d'semaine, et comme j't'imagine aussi givrée qu'une mandarine.

J'vais pas t'laisser partir avec un légionnaire en perm
J'vais pas t'laisser séduire par le premier marin qui traîne
j'vais pas t'laisser dormir toute seule si t'es libre ce week-end
car tu as comme un p'tit chat sauvage dans les yeux
qui ressemble au tatouage

J'vais pas t'laisser partir avec un légionnaire en perm
j'vais pas t'laisser séduire par le premier marin qui traîne
j'vais pas t'laisser dormir toute seule si t'es libre ce week-end
car tu as comme un p'tit chat sauvage

J'vais pas t'laisser partir avec un légionnaire en perm
j'vais pas t'laisser séduire par le premier marin qui traîne
j'vais pas t'laisser dormir toute seule si t'es libre ce week-end
car tu as comme un p'tit chat sauvage dans les yeux
qui ressemble au tatouage que j'ai dans l'coeur
Y a pas d'erreur.

dimanche 3 octobre 2010

Le Petit Prince, Antoine de Saint-Exupéry

C'est alors qu'apparut le renard.
-Bonjour, dit le renard. ..
-Bonjour, répondit poliment le petit prince, qui se retourna mais ne vit rien.
-Je suis là, dit la voix, sous le pommier.
-Qui es-tu ? dit le petit prince. Tu es bien joli..
-Je suis un renard, dit le renard.
Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince. Je suis tellement triste... 
-Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé
-Ah ! pardon, Et Je petit prince.
Mais, après réflexion, il ajouta:
-Qu'est ce que signifie « apprivoiser » ?
-Tu n'es pas d'ici, dit le renard, que cherches-tu!
-Je cherche les hommes, dit le petit prince. Qu'est-ce que signifie « apprivoiser » ?
-Les hommes, dit le renard, ils ont des fusils et ils chassent. C'est bien gênant! Ils élèvent aussi des poules. C'est leur seul intérêt. Tu cherches des poules ?
-Non, dit le petit prince. Je cherche des amis. Qu'est-ce que signifie « apprivoiser »?
-C'est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie « créer des liens... »
-Créer des liens ?
-Bien sûr, dit le renard. Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n' ai pas besoin de toi. Et tu n'a pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde...
-Je commence à comprendre, dit le petit prince. Il y a une fleur... je crois qu'elle m'a apprivoisé...
-C'est possible, dit le renard. On voit sur la Terre toutes sortes de choses.
-Oh! ce n'est pas sur la Terre, dit le petit prince. Le renard parut très intrigué :
-Sur une autre planète ?
-Oui.
-Il y a des chasseurs, sur cette planète-là ?
-Non.
-Ça, c'est intéressant ! Et des poules ?
-Non.
-Rien n'est parfait, soupira le renard.
Mais le renard revint à son idée:
-Ma vie est monotone. Je chasse les poules, les hommes me chassent. Toutes les poules se ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m'ennuie donc un peu. Mais, si tu m'apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m'appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde! Tu vois, là-bas, les champs de blé ? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c'est triste! Mais tu as des cheveux couleur d'or. Alors ce sera merveilleux quand tu m'auras apprivoisé! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j'aimerai le bruit du vent dans le blé...
Le renard se tut et regarda longtemps le petit prince:
-S'il te plaît... apprivoise-moi ! dit-il.
-Je veux bien, répondit le petit prince, mais je n'ai pas beaucoup de
temps. J'ai des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaître.
-On ne connaît que les choses que l'on apprivoise, dit le renard. Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. 
Si tu veux un ami, apprivoise-moi !
-Que faut-il faire ? dit le petit prince. 
-Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t'assoiras d'abord un peu loin de moi, comme ça, dans l'herbe. Je te regarderai du coin de l'oeil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t'asseoir un peu plus près... 
Le lendemain revint le petit prince.
-Il eût mieux valu revenir à la même heure, dit le renard. Si tu viens, par exemple, à quatre heures de l'après- midi, dès trois heures je commencerai d'être heureux. Plus l'heure avancera, plus je me sentirai heureux. A quatre heures, déjà, je m'agiterai et m'inquiéterai ; je découvrirai le prix du bonheur ! Mais si tu viens n'importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure m'habiller le coeur. Il faut des rites.
-Qu'est-ce qu'un « rite » ? dit le petit prince.
-C'est aussi quelque chose de trop oublié, dit le renard. C'est ce qui fait qu'un jour est différent des autres jours, une heure, des autres heures. Il y a un rite, par exemple, chez mes chasseurs. Ils dansent le jeudi avec les filles du village. Alors le jeudi est jour merveilleux ! Je vais me promener jusqu'à la vigne. Si les chasseurs dansaient n'importe quand, les jours se ressembleraient tous, et je n'aurais point de vacances.
Ainsi le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l'heure du départ fut proche :
-Ah ! dit le renard... je pleurerai.
-C'est ta faute, dit le petit prince, je ne te souhaitais point de mal,
mais tu as voulu que je t'apprivoise...
-Bien sûr, dit le renard.
-Mais tu vas pleurer! dit le petit prince.
-Bien sûr, dit le renard.
-Alors tu n'y gagnes rien !
-J'y gagne, dit le renard, à cause de la couleur du blé.
Puis il ajouta:
-Va revoir les roses. Tu comprendras que la tienne est unique au monde. Tu reviendras me dire adieu, et je te ferai cadeau d'un secret.
Le petit prince s'en fut revoir les roses.
-Vous n'êtes pas du tout semblables à ma rose, vous n'êtes rien encore, leur dit-il. Personne ne vous a apprivoisées et vous n'avez apprivoisé personne. Vous êtes comme était mon renard. Ce n'était qu'un renard semblable à cent mille autres. Mais j'en ai fait mon ami, et il est maintenant unique au monde.
Et les roses étaient gênées.
-Vous êtes belles, mais vous êtes vides, leur dit-il encore. on ne peut pas mourir pour vous. Bien sûr, ma rose à moi, un passant ordinaire croirait qu' elle vous ressemble. Mais à elle seule elle est plus importante que vous toutes, puisque c'est elle que j'ai arrosée. Puisque c'est elle que j'ai mise sous globe. Puisque c'est elle que j'ai abritée par le paravent. Puisque c'est elle dont j'ai tué les chenilles (sauf les deux ou trois pour les papillons). Puisque c'est elle que j'ai écoutée se plaindre, ou se vanter, ou même quelquefois se taire. Puisque c' est ma rose.
Et il revint vers le renard :
-Adieu, dit-il...
-Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple: on ne voit
bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux.
-L'essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince, afin de se souvenir.
-C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.
-C'est le temps que j'ai perdu pour ma rose... lit le petit prince, afin de se souvenir.
-Les hommes ont oublié, cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l'oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose...

-Je suis responsable de ma rose... répéta le petit prince, afin de se souvenir.

mercredi 29 septembre 2010

χρυσος πυρι ελεγχεται.

vendredi 24 septembre 2010

DIS ALITER VISUM

Si la souffrance rend prolifique, le bonheur aussi. Et l'espoir détesté devient l'espoir qui permet de continuer à vivre ce que l'on a bien voulu m'accorder de garder, par "ON" j'entends les dieux, Dieu, le destin, le hasard. Ce "ON", c'est ce marron dans sa coquille sur lequel je me suis jetée quand je l'ai aperçu, après en avoir cherché un sur mon chemin toute la semaine. Pourquoi avoir cherché un marron dans sa coque pleine d'épines ? Parce que le dernier jour où j'avais vu Frédéric, je lui avait dit que je les aimais parce qu'ils étaient tout neufs, tout brillants. Alors ils devenaient un symbole de lui, de ce garçon qui avait souri en m'entendant dire cela. Alors tant qu'il y a de l'espoir, même s'il se fait un jour douloureux, aujourd'hui il me permet de savoir ce que j'ai, d'en sentir toute l'importance et de ne pas demander, exiger plus. Non, ce n'est pas ce que j'espérais au plus profond de moi-même, en rêve, mais c'est bien plus que ce que m'administrait ma raison. Il est près de moi. C'est tout ce qui compte.
"Say my name, sunshine through the rain"

mercredi 22 septembre 2010

Si mon cri te parvient du fond des Enfers

Depuis trois jours, trois jours qui m'ont paru longs comme une vie, je m'enfonce dans la crâne l'idée que c'est fini. Sa voix au téléphone, ses quelques messages : froids et calmes, cela veut tout dire. Et comme pour me rappeler partout sa présence, les souvenirs attachés à ces endroits particuliers où nous allions surgissent devant mes yeux pour les voiler de larmes. Comble de l'ironie : les deux techniciens informatiques qui répondent à mes mails suite à des problèmes de connexion sur deux sites différents s'appellent Frédéric. Un garçon avec qui je discute pour essayer de me changer les idées me dit qu'il fait des études dans le domaine de l'écologie et du développement durable. Trois fois de battre alors mon coeur s'est arrêté. Je me répète encore et encore : "Noémie, il va te quitter, prépare-toi à ça, ça fera moins mal". Encore et encore et encore et encore et encore.

Mais il reste toujours une saleté d'espoir de merde qui me chuchote : "Peut-être que...". Va te faire enculer. Je ne dis jamais ça, je trouve ça irrespectueux au possible. Mais là, excusez-moi, il n'y a pas d'autre mot, d'autre choix. Nietzsche avait sûrement raison quand il disait de l'espoir que c'était le plus grand maux de l'humanité : nous nous entêtons à nous faire du mal au lieu d'abandonner. Je voudrais abandonner, me détacher, mais je n'y arrive pas parce que j'y crois encore un peu. Un peu beaucoup. Mais c'est malgré moi parce que, raisonnablement, je sais qu'il va partir et s'enlever à moi. Je le sais, je le sens. ça paraît inévitable. Alors, on peut toujours essayer de se consoler en se disant "Si ça se trouve c'est mieux comme ça", mais c'est là que tout l'être hurle "NON".

Alors pendant que tout en moi n'est que cri et que mon coeur se déchire doucement, lambeau par lambeau, dans une douleur continue et fiévreuse, je tente d'aller bien. Ou du moins pas trop mal.

mardi 21 septembre 2010

Reviens

lundi 20 septembre 2010

Hey Jude, Les Beatles

Hey Jude, don't make it bad.
Take a sad song and make it better.
Remember to let her into your heart,
Then you can start to make it better.

Hey Jude, don't be afraid.
You were made to go out and get her.
The minute you let her under your skin,
Then you begin to make it better.

And anytime you feel the pain, hey Jude,
refrain,
Don't carry the world upon your shoulders.
For well you know that it's a fool who plays it cool
By making his world a little colder.

Hey Jude, don't let me down.
You have found her, now go and get her.
Remember to let her into your heart,
Then you can start to make it better.

So let it out and let it in, hey Jude, begin,
You're waiting for someone to perform with.
And don't you know that it's just you, hey Jude, you'll do,
The movement you need is on your shoulder.

Hey Jude, don't make it bad.
Take a sad song and make it better.
Remember to let her under your skin,
Then you'll begin to make it
Better better better better better better, oh.

Na na na, na na na na, na na na na, hey Jude...