dimanche 20 juin 2010

What I've done



Quelqu'un me tiendrait-il les cheveux, quelqu'un me soutiendrait-il pendant que je vomis quatre années de sentiments ?


jeudi 17 juin 2010

Manifeste d'une jeune fille rangée

J'avais raison d'avoir peur de cette année d'hypokhâgne : sentant les changements, un an en avance, faisant crise d'angoisse sur crise d'angoisse tout l'été, je freinais des quatre fers pour éviter l'obstacle. Autant essayer de slalomer entre les gouttes de pluie durant une averse de mars. Je tirais les runes il y a quelques mois : elles me disaient beaucoup de bien, mais au final m'annonçait une catastrophe. Elle a eu lieu, j'ai détruit tous mes anciens rêves & idéaux, petits à petits, je les ai grignotés sans m'en rendre compte. J'ai changé, tout bêtement. Ca a été douloureux : arracher de son coeur les étoiles, même éteintes, ou plutôt SURTOUT éteintes, vous fait souffrir jusque dans vos atomes ; se rendre compte qu'on désire autre chose. Complètement autre chose. Je fais une liste, un manifeste, je manifeste, je me crie à moi-même et aux autres, comme un nouveau départ.

-Je veux une relation où je ne me pose plus cent mille milliards (de poème ? Non : ) de questions, où je profite de l'instant présent, de celui qui est avec moi, sans arrière-pensées
-Je ne veux plus me projeter trop vite, ne pas me dire au bout d'un mois, même amoureuse, qu'il sera le père  de mes enfants, avoir juste une relation saine même si elle ne dure que deux semaines
-Je veux m'assumer enfin, ne plus cacher mon corps, ne plus cacher que j'aime faire l'amour, que j'ai des désirs et des fantasmes qui méritent d'être satisfaits
-Ne plus avoir peur de dire, de demander, de questionner, libérer enfin la parole
-Se dire que si je ne suis pas amoureuse, ce n'est pas grave, ça viendra peut-être, ou ça ne viendra pas, j'ai 19 ans et j'ai le temps
-Trouver quelqu'un qui saura me taper sur les doigts, me dire quand je déconne, quelqu'un avec qui je pourrais avoir une bonne fois une vraie dispute qui se règlera d'elle-même quand tout sera dit, DIT ENFIN, et pourquoi pas venir mourir sur l'oreiller
-Ne plus avoir peur pour son avenir, parce qu'on ne peut rien prévoir précisément, faire son possible pour réussir, vouloir réussir, et pourquoi pas, y arriver vraiment


Tout ce que j'ai toujours voulu faire et être sans jamais oser. Il fallait que cela me fasse du mal. Il fallait que je souffre. Il fallait que je pleure. Le plus difficile, c'est quand la dent perce : it's hurts. Mais ça fini par passer, et alors on croque avec plaisir.

LES PHARES, Baudelaire


Rubens, fleuve d'oubli, jardin de la paresse,
Oreiller de chair fraîche où l'on ne peut aimer,
Mais où la vie afflue et s'agite sans cesse,
Comme l'air dans le ciel et la mer dans la mer;




Léonard de Vinci, miroir profond et sombre,
Où des anges charmants, avec un doux souris
Tout chargé de mystère, apparaissent à l'ombre
Des glaciers et des pins qui ferment leur pays;




Rembrandt, triste hôpital tout rempli de murmures,
Et d'un grand crucifix décoré seulement,
Où la prière en pleurs s'exhale des ordures,
Et d'un rayon d'hiver traversé brusquement;




Michel-Ange, lieu vague où l'on voit des Hercules
Se mêler à des Christs, et se lever tout droits
Des fantômes puissants qui dans les crépuscules
Déchirent leur suaire en étirant leurs doigts;




Colères de boxeur, impudences de faune,
Toi qui sus ramasser la beauté des goujats,
Grand coeur gonflé d'orgueil, homme débile et jaune,
Puget, mélancolique empereur des forçats;




Watteau, ce carnaval où bien des coeurs illustres,
Comme des papillons, errent en flamboyant,
Décors frais et légers éclairés par des lustres
Qui versent la folie à ce bal tournoyant;




Goya, cauchemar plein de choses inconnues,
De foetus qu'on fait cuire au milieu des sabbats,
De vieilles au miroir et d'enfants toutes nues,
Pour tenter les démons ajustant bien leurs bas;




Delacroix, lac de sang hanté des mauvais anges,
Ombragé par un bois de sapins toujours vert,
Où, sous un ciel chagrin, des fanfares étranges
Passent, comme un soupir étouffé de Weber;




Ces malédictions, ces blasphèmes, ces plaintes,
Ces extases, ces cris, ces pleurs, ces Te Deum,
Sont un écho redit par mille labyrinthes;
C'est pour les coeurs mortels un divin opium!

C'est un cri répété par mille sentinelles,
Un ordre renvoyé par mille porte-voix;
C'est un phare allumé sur mille citadelles,
Un appel de chasseurs perdus dans les grands bois!

Car c'est vraiment, Seigneur, le meilleur témoignage
Que nous puissions donner de notre dignité
Que cet ardent sanglot qui roule d'âge en âge
Et vient mourir au bord de votre éternité !

lundi 14 juin 2010

. . . _ _ _ . . . (Pour ceux qui savent lire le morse couramment)


Alors comme un avaleur de sabre je garde l'épée au fond de ma gorge, je le cache.
Que tout s'arrête, je vous en prie, je me noie dans mon sang.
Chaque mot est une douleur plus grande.
Mais je sais aujourd'hui que même si je crache mon coeur, je saurais trouver quelqu'un pour m'en donner un nouveau, car "Un jour ou l'autre, il faut qu'on saute : tenter le voyage, trouver le courage".
LE COURAGE.
Aidez-moi.

dimanche 6 juin 2010

Quelques grains de sable au milieu de ce gigantesque désert



Pleurer le cri ratisser la spirale c'est infernal sens dessus dessous sans queue ni tête le flot de pensée l'amour courant d'air fenêtre changer d'appartement vitre sale papillon chaleur étouffante ça ne s'arrête jamais dans ma tête le courant la chaîne un instant le volet je m'arrête un vide penser que je pense penser que je dois penser un vide qui est un plein pardon je ne sais pas pourquoi inconscient rêve aveugle dictionnaire des rêves les runes je suis une sorcière contrariée rires de Frédéric Audrey et Ludovic le L de Loic le badminton il y avait trop de vent la marguerite il me dit enfin il parle les larmes il a pleuré soulagement huile essentielle de lavande sommeil lampe allumée bestiole moustique dans la lampe ampoule mais pas idée hahaha couette trop chaude transpiration se lisser les cheveux demain à nouveau ongles roses ça ne veut pas s'arrête ça ne veut pas s'arrêter ça ne veut pas s'arrêter je ne peux pas m'arrêter de penser. STOP.


La découverte ou l'ignorance





Try Yann *

Le breton est-il ma langue maternelle ? Non : Je suis né à Nantes où on ne le parle pas. Suis-je même breton ? Vraiment, je le crois, mais de pur race ? Qu'en sais-je et qu'importe. Séparatiste ? Autonomiste ? Régionaliste ? Oui et non : Différent. Mais alors, vous ne comprenez plus : qu'appelons-nous être breton, et d'abord, pourquoi l'être ? Français d'état civil, je suis nommé Français, j'assume à chaque instant ma situation de Français. Mon appartenance à la Bretagne n'est en revanche qu'une qualité facultative que je peux parfaitement renier ou méconnaître. Je l'ai d'ailleurs fait ; j'ai longtemps ignoré que j'étais Breton. Français sans problème, il me faut donc vivre la Bretagne en surplus, et pour mieux dire, en conscience. Si je perds cette conscience, la Bretagne cesse d'être en moi. Si tous les Bretons la perdent, elle cesse absolument d'être. La Bretagne n'a pas de papiers, elle n'existe que si à chaque génération des hommes se reconnaissent Bretons. A cette heure, des enfants naissent en Bretagne : seront-ils bretons ? Nul ne le sait. A chacun, l'âge venu, la découverte, ou l'ignorance.

vendredi 28 mai 2010

Alors c'est ça.


Alors c'est ça, la vie étudiante, celle que tout le monde connaît depuis bien longtemps, sauf nous, étudiants en hypokhâgne (sauf exceptions). Comme le temps passe différemment lorsque, tous dans notre salon, nous discutons de choses et d'autres sans se préoccuper de demain. Parce que demain sera demain, et que ce soir reste ce soir. J'ai rit comme je ne l'avais plus fait depuis longtemps, tout ça pour une histoire de papillon migrateur orange qui s'appelle le monarque. Nous n'étions pas soûls, et peut-être est-ce ça le pire, mais je dirais que c'était le mieux. La folie et la gaieté enfermées enfin libérées ! Pourquoi est-ce l'impression de vivre vraiment ? 

Je me réveille pourtant ce matin l'angoisse au ventre. Parce que je n'ai toujours pas de cadeau pour le baptême et que ça va être la course demain après-midi pour en trouver un. Parce que j'ai un cours à donner cette aprem. Parce que je dois aussi tourner avec Camille. Parce que je suis frustrée de ne pas avoir eu un grand câlin hier soir. Parce que je me rends compte que quelque chose dans mon appareil photo s'est cassé, et j'espère que les photos sont encore là. Parce que j'essaye d'appeler ma mère et qu'elle ne répond pas. Parce que la prof de littérature va probablement rendre ce fichu concours blanc où je sais que je me suis plantée, et que le prof de géo l'a peut-être rendu ce matin, dans le cours auquel je n'ai pas assisté.

Ne pouvant pas parler à quelqu'un, il fallait que je m'épanche. Cet article est profondément insipide. Il s'agissait juste d'exorciser l'angoisse.

mercredi 26 mai 2010

Without a reasonable doubt !

Les doutes s'en vont comme ils sont venus, sans que je comprenne vraiment pourquoi. Je peux maintenant retrouver Loic. Chercher à nouveau la flamme qui s'était ravivée et a faillit s'éteindre. Je n'écrirais pas plus, sinon je sens qu'ILS vont revenir, ces insignifiants cafards qui rôdaient dans ma tête et que je hais pour le mal qu'ils me font et pour celui qu'ils font à Loic. Il sera là pour m'aider, c'est lui qui soutiendra mon amour défaillant, en silence, sans mot dire, juste en vivant en tant qu'être aimant, un roc sur lequel je pourrais m'accrocher, je le sais. C'est Loic qui fera que je ne puisse pas ne plus l'aimer, qui rendra cela impossible.

Je t'aime, je t'aime ne l'oublie pas, je t'aime.

dimanche 23 mai 2010

Un sang d'aquarelle, Françoise Sagan

"Il n'avait qu'une envie : revoir Wanda. Il n'avait qu'une peur : qu'elle ne le voulût pas... ; et tout à coup, la pensée que cette femme, son corps, sa bouche, ses mains, sa voix, sa façon de bouger, sa façon de dormir comme de danser avec lui...et son rire, la pensée que tout cela pût ne plus lui appartenir, qu'il avait peut-être, par sa faute à lui - Constantin - perdu cette femme (élément aussi essentiel pour lui que l'eau et l'air), le fit se lever, se plier en deux sous une souffrance devenue physique et s'accrocher des deux mains aux filets de gauche et de droite, tremblant comme un hystérique. Ah oui, il était fou : il était fou d'elle !"






Cette douleur, combien de fois me la suis-je imaginée. Combien de fois m'a-t-elle fait pleurer rien que par son évocation, sa possibilité probablement possible. Je me rends compte, au jour d'aujourd'hui, que j'ai toujours évalué mon amour pour lui, la présence en moi de cette amour pour lui, à l'aune de la présence de cette souffrance possible. Si je ne pouvais plus la ressentir, me disais-je, c'est que je ne l'aime plus. Aujourd'hui, alors que je m'apaise chaque jour, je n'arrive plus à invoquer le coup fantôme ; je sais, je sens que je serais dévastée. Mais la pensée que je pourrais refaire ma vie, celle qu'avant je trouvais tout à fait inconcevable, fait jour. Alors je doute. Je doute parce que j'ai changé le système métrique, je suis passée du kilomètre au miles, et le basculement d'échelle se fait avec difficulté. Pourtant je l'aime. Je n'ai jamais aimé quelqu'un aussi sincèrement. La pensée que tout pourrait être terminé, notre histoire, la nôtre à nous, un livre de plus de mille pages - une pour chaque jour - brûlé et jeté au vent, me désespère. Et mon âme pleure. J'ai besoin que tout soit revivifié, polir le verre pour retrouver le miroir éclatant, celui où nous pourrons à nouveau nous voir tous les deux clairement à l'intérieur. Je suis en chemin. Il me faut lui faire confiance. Il me faut enfin l'accepter à nouveau et cesser de vouloir le changer, se dire que cela serait mieux avec un autre. J'ai commencé à l'aimer, un jour, pour une raison plus qu'obscure. Je ne dois pas chercher à l'aimer pour des raisons claires.

Je ne me suis jamais sentie aussi près du gouffre.
Il me retient sans même s'en rendre compte lorsqu'il me demande "Tu peux te coucher sur mon dos ? Ca me fait du bien quand tu es là". Je parlais de raison obscure. Il n'y a rien à comprendre, ce n'est pas le sens figuré qui m'a touché, simplement cette phrase nue où pourtant perçait tout l'amour qu'il a pour moi. Je fus Sainte Thérèse transpercée des flèches de l'Ange. Et maintenant, devant cette écran qui me renvoie mes mots, je voudrais écraser les doutes, ces cafards, cette peste noire, cette vermine, les écraser sous le poids de cet amour. J'y arriverai. Je les tuerai tous et je boirai leur sang bleu, leur sang d'aquarelle pour m'immuniser à jamais. Car si je sors de là, de ce piège où je commence à sortir la tête, alors rien ne pourras plus jamais atteindre l'amour que je lui porte. Et je sortirai de cette épreuve la victoire en moi - Victoire, mon prénom d'adoption, je me dois de le porter aux nues. Je l'aimerai encore. Je veux l'aimer encore, je VEUX l'aimer encore, JE VEUX L'AIMER ENCORE. "Dis-moi que l'amour ne s'arrête pas", DIS-LE MOI, DITES-LE MOI. Je le veux. Lui et rien d'autre.

mercredi 19 mai 2010

Gentlemen, I love you.

M. Printemps et Mme. Soleil aux Cafés des Anges se tiennent par la main, la confiance d'un frère et d'une soeur, la tendresse d'un couple que nous ne sommes pas et ne serons jamais, parce que notre amour, celui-là, est vraiment celui que le printemps et le soleil se porte. N'importe qui nous aurait trouvé enlacés, les yeux rivés sur les musiciens que l'on voyait à peine, se serait dit, en toute honnêteté, que nous étions ensemble. Les baisers papillonnent sur nos joues, nous faisons l'effet d'un couple chaste. C'est tellement peu vrai, s'ils savaient. M. Printemps et Mme. Soleil ne s'aiment pas de l'amour des amants et des amoureux, non, ce n'est pas ça, c'est à mille lieues. M. Printemps et Mme. Soleil ne savent pas dire de quel amour ils s'aiment : c'est l'importance que quelqu'un peut prendre dans votre vie, le besoin que vous avez de cette personne et pourtant vous n'envisagez pas, vous n'envisagez jamais qu'en imaginant dans un sourire ce que votre coeur n'éprouve pas, de faire votre vie avec cette personne, d'avoir des enfants avec cette personne, d'être un couple qui durera toute votre existence. Non. Mme. Soleil, celui qu'elle aime de cette manière-là, c'est M. Lune : leur amour est celui du premier amour, de la jeunesse qui choisit de se jeter dans cette brèche du coeur et de ne plus en sortir, pour toujours. Il y a eu des moments de doutes, des moments de larmes, des moments de souffrance. L'amour à ses lots lui aussi. Mais Mme. Soleil sait, au fond d'elle-même, au-delà de ces doutes futiles qui pourtant lui tenaillent le coeur, que "He's the one". Aussi différents que la vraie lune et le vrai soleil, et pourtant, et pourtant, ils s'aiment et n'envisagent pas leur existence sans l'autre. Souvent ils ne se comprennent pas, parce qu'ils ne réagissent pas de la même façon : c'est cela qui fait douter Mme. Soleil. 

Mais Noémie sait que Loic sera toujours là pour elle. Elle sait qu'il la fait tellement rire, que ses bras sont si tranquilles, son corps mince presque maigre si beau malgré tout, que même s'il ne dit pas, parce qu'il ne sait pas dire et exprimer, il le ressent dans sa chair et dans son coeur, et cela, Noémie ne devrait jamais l'oublier.
Noémie sait que Frédéric aussi sera toujours là. Hier soir dans les pleurs il lui dit. Hier soir il dit "Noémie, ma petite soeur chérie" et je souris. 

Les deux hommes de ma vie, M. Printemps, surnommé ainsi à cause d'un rêve que j'ai fait quand il est venu dormir chez moi, et M. Lune, parce qu'il est par bien des points mon contraire, mais aussi parce qu'il m'est indissolublement lié. Messieurs, je vous aime.