mardi 9 février 2010

vendredi 5 février 2010

"La réponse"

Elle est venue comme la rosée du matin, "tendrement".
Je n'ai dit que merci.
Et j'ai pleuré.

"That tonight gonna be a good night"

Hier soir la vie était belle, dans le ciel fermé de la Salamandre. Hier soir j'étais avec Frédéric.
Petite je l'aimais, je l'admirais, je voulais être lui, dans ma tête je me disais tout bas : "Un jour, je me marierais avec Frédéric", comme j'aurais dit : "Un jour, je me marierais avec Papa". J'ai des souvenirs amalgamés de lui pourtant, je ne distingue rien dans le brouillard du sentiment enfantin. Un seul véritable instant m'est resté : un jour, chez Mémé, je le suppliais de refaire une partie de Rummikube avec moi, et il acceptait, parce qu'il aimait ce jeu je crois, et surtout parce qu'il savait qu'il gagnait toujours. 

Je l'aimais, pas comme une amoureuse, je l'aimais comme une petite fille, je l'aime toujours comme une petite fille. Et puis on ne s'est plus vu, ces six années, je ne dirais pas longues, car l'affection s'est fanée comme des braises : je demandais pourquoi il ne venait plus. Maman me répondait : "Tu sais ils habitent Strasbourg, ça fait loin de venir ici, et puis Frédéric va aussi en classe, il a des devoirs et d'autres choses à faire". Une légère moue déçue et je retournais jouer. Et aujourd'hui, je me rends compte qu'il m'a manqué, ces six années : près de lui je redeviens la Noémie de dix ans qui veut s'assoir à côté de lui à table pendant la fête de famille, même si je parle d'avenir, de faire l'amour, d'alcool, de danse et plus de Star Wars, de jeu du loup et de cache-cache. Hier je lui ai planté un baiser sur la joue, instinctivement, intuitivement, sans arrière-pensée, juste parce que j'en avais envie : à son regard étonné, il n'a pas compris je crois. J'aurais voulu, à chaque instant, lui sauter au cou et lui dire "Je suis tellement, tellement contente, sans savoir pourquoi, juste parce que tu es là, je suis tellement contente".

Il me dit ce matin qu'il s'est amusé, que c'était bien, qu'il a aimé mes amies, que la prochaine fois ce sera lui qui m'invitera. J'avais peur qu'il n'accepte de venir qu'à cause de cette condescendance qui ressemble à une obligation morale de venir voir quelqu'un que l'on a pas vu depuis longtemps, parce qu'aujourd'hui, il est là. Au début, il est un peu gêné, au milieu de six hypokhâgneuses qui font des blagues sur les tribuns de la plèbe en criant "Veto !" dès que l'un d'elles dit une bêtise (l'histoire ancienne de Rome est une discipline très prenante), il ne parle pas beaucoup et se demande sûrement où est-ce qu'il est tombé. Les minutes passent et son sourire s'étend, même quand Juliane se moque des sciences historiques. Et quand il danse, son visage est sérieux, très sérieux, et je ne peux m'empêcher de sourire, de rire quand je le vois, dansant comme si sa vie en dépendait, alors il me voit et c'est là que le sourire éclôt sur ses lèvres et que ses yeux brillent. Il me prend la main, me fait tourner, danse avec moi, et j'ai tellement envie de rire, de ce rire qu'on les enfants quand ils s'amusent. Je l'aurais bien embrassé, juste comme ça, pour rien, pour voir.

Il ne comprends pas, je crois. Il est le grand frère que je n'ai pas eu : "C'est d'un cliché" dirait C., de cette voix que je déteste. Et pourtant c'est vrai. Les plus jeunes auraient toujours aimé être à la place des aînés, mais l'inverse est vrai aussi. J'aurais aimé avoir un grand frère, et j'aurais aimé qu'il s'appelle Frédéric. Maintenant, j'ai envie de pleurer, tout ça, sans savoir pourquoi. Voilà à quoi je pense lorsque je marche sur le quai des Bateliers pour rentrer chez moi, trempée parce qu'il pleut et que je n'ai pas de parapluie. Mais je ne suis pas triste, parce que hier soir, la vie était belle, et qu'il n'y a pas de raison qu'elle ne le soit pas aujourd'hui ni demain.

mercredi 3 février 2010

De mauvais vers.

Je ne sais quoi lui dire, a ses pleurs je me heurte.
Il n'y a pas de secret pour moi, je m'en doute,
Parce qu'elle ne me les dit plus. Pourquoi cela ?
Ce silence qu'on efface comme s'il n'était pas,
Ce refus ombrageux que je ne comprends pas.


Je m'inquiète.

jeudi 21 janvier 2010

"Si l'on y réfléchit bien, le Christ est le seul anarchiste qui ait vraiment réussi" MALRAUX

Nous ne devons pas mourir jeunes, nos vies ne sont pas déjà fanées, déjà détruites, puisque l'avenir est son vertige effroyable étale son corps devant nos pieds pour que nous puissions traverser les affres sur le temps sans tremper dans le néant. Arrêtons de parler de jeunesse cassée, de jeunesse qui ne sait rien, qui ne vivra plus rien. Je n'ai pas de hautes ambitions, je ne demande rien que vivre encore dans ce bonheur distillé dans mes veines. Ah, le sang vert du bonheur, bourgeon qui éclate dans ma tête.


Les Valseuses, de Laurent Korcia.


S'arracher la peau, se griffer jusque dans les os, à quoi bon ? La vraie vie n'est pas toujours, ne peut pas être toujours la littérature. Alors prenons-la telle qu'elle est, hideuse et bassement matérielle comme pétillante et joyeuse. Prenons-la à bras le corps, ne nous laissons pas abattre par elle, parce que dans l'état actuel où nous sommes, toi, moi, nous, jeunesse de France et d'Europe, nous avons le pouvoir de décider ce que sera notre vie, nous avons le pouvoir de dire "Je me bats pour moi-même" et nous aurions le pouvoir, si nous le désirions, si nous le voulions au plus profond de nos coeurs tremblants et vastes, même mettre Paris en bouteille.


La vraie vie, c'est la nôtre.
Quelle qu'elle soit.




One way by Limpid sur deviantart.com

lundi 18 janvier 2010

Un sac plastique sur la tête

De longues heures courbées sur Tite-Live. Comme Frédéric Moreau attend son amante qui ne viendra jamais, je m'échine sur le texte latin pour en extraire le sens, mais je suis une alchimiste du verbe ratée, il n'en sort qu'un précipité noir. 


"Je vous met 12, parce que vous êtes malade. J'avais écrit 11 Noémie. Soignez-vous". 
J'ai eu 12 par pure charité. Je n'ose pas ajouter chrétienne. 


Le volet qui se ferme alors que je passe figure la porte de mon avenir claquée par une force invisible. 


Comme personne n'est là en acte, je cuve mes larmes comme le vin. La claque est aussi lourde que la révélation.

samedi 9 janvier 2010

We, are, you're, friend, you'll, never be alone again.

La fatigue intellectuelle.
Le cerveau en compote.
Les yeux qui piquent.
Des heures de sommeil en retard.
La vie d'étudiante.
L'envie de faire la fête.
L'amour en tête.
Une banalité.
Des souvenirs vivaces.
Des souffrances en aiguille.
La vie vers l'après.
Comme un tournesol.
Pianissimo.

vendredi 8 janvier 2010

L'artère principale

Je traque en moi la source, je veux la retrouver, la boire. Je n'ai plus cette hargne, cette violence de l'écriture qui me constituait ce qu'on pourrait appeler un style. Sang bleu, sang hargneux. Je me couperais les veines pour faire gicler le liquide vivant sur la toile et peindre mon requiem. Plus tard. Marcher sur mon piano et désaccorder les cordes qui restent, lui voler sa musicalité et la recracher, chercher les glaires au fond des alvéoles des poumons, tousser encore, vomir. Ca, c'est écrire. Là, j'écris. Je n'écris bien que dans la violence.

lundi 4 janvier 2010

Outre-mots

Il suffisait d'un sourire.

dimanche 3 janvier 2010

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Un carnet à petits carreaux, vert, avec des spirales.
Saisir enfin dans l'instant le fil de la pensée, ne pas le laisser partir en fumée.
L'achat de ma vie.